Le plan de sécurité sauve des vies
10.11.2023

Le plan de sécurité sauve des vies

Texte tiré d'Opinions, magazine Bilan du 18 octobre 2023

Les chiffres sont parlants. Chaque année, en Suisse, un ouvrier du bâtiment sur quatre est victime d’un accident. Souvent bénin, cela représente plus de 50 000 cas par année. Pour améliorer la sécurité sur les chantiers, une ordonnance fédérale sur les travaux a été édictée en 2022. Celle-ci prévoit une meilleure planification, désormais répertoriée dans un document ad hoc : le Plan de Sécurité et de Prévention de la Santé (PSPS)  

Son élaboration et son déploiement restent compliqués. En effet, la direction des travaux est responsable de la santé de ses employés, mais elle veille également à ce que les règles s’appliquent aux collaborateurs de l’ensemble des sous-traitants. Toutes les personnes qui interviennent dans le périmètre d’une construction doivent obligatoirement être mises au courant des prescriptions sécuritaires. Il convient donc de penser et d’édicter de nombreuses directives. 

La méthode STOP
Cela commence par la création d’un poste, au sein de l’entreprise ou en ayant recours à des spécialistes de la sécurité au travail. Le PSPS demande une évaluation minutieuse et exhaustive des risques. Il faut donc passer en revue chaque fonction sur le chantier et s’interroger sur les mesures de protection particulière qu’elle requiert. Pour ce faire, la méthode S-T-O-P est la plus efficace. 

S signifie substitution. Il convient de remplacer les substances, les installations ou les processus de travail dangereux par d’autres qui le sont moins.
T, pour technique, implique l’introduction de dispositifs de sécurité, tels que des garde-corps, des filets ou des enceintes de confinement notamment pour les opérations en hauteur. Les chutes d'échelles ou d'échafaudages conduisent à plus de 1000 accidents par an, nécessitant un arrêt de plus de trois mois.
O, comme organisation, recouvre les changements d’activités, les temps de pauses, la répartition des savoir-faire ainsi que la formation et la surveillance des compétences des ouvriers.
P, enfin signifie protection personnelle, le fameux équipement de protection individuel (EPI), adapté à chaque tâche, qui doit toujours être porté dans l’enceinte du chantier. Il se compose au minimum un casque, des chaussures de sécurité et des chasubles de haute visibilité. Des EPI spécifiques s’ajoutent selon l’ouvrage exécuté. 

Formation et signalement
Chaque travailleur, indépendamment de son expérience, est formé aux procédures de sécurité. Il convient donc d’organiser des sessions de sensibilisation et des rappels tout au long de la construction. Les indications données doivent être comprises de tous, ce qui nécessite peut-être des traductions. 
La mise en place de canaux de communication précis, connus de tous, permet de signaler toutes les situations potentiellement périlleuses ou de rapporter les incidents, aussi bénins soient-ils.  

Urgence et secours. 
La rédaction d’un plan d’urgence qui détaille les marches à suivre, les numéros d’urgence, les emplacements des trousses de secours ou des défibrillateurs est essentielle. Organiser régulièrement des simulations d’urgence réduit la dangerosité de possibles accidents. Il ne faut pas oublier d'indiquer clairement les accès pour faciliter, au besoin, l’intervention des secours. 

Surveillance et sanction 
La direction de travaux vérifie aussi fréquemment la bonne application des directives et la conformité du chantier. Des rapports d’audit sont régulièrement établis. En cas de manquement, l’entreprise concernée va rapidement devoir se mettre en conformité avec le PSPS. Des sanctions allant jusqu’à l’éviction du chantier sont prévues lors de dysfonctionnements répétés.
D’ailleurs, d’autres instances, des inspecteurs de la SUVA, de la commune ou du canton de même que des représentants des commissions paritaires ou des travailleurs effectuent ponctuellement des contrôles. 

La mise en place d’un concept de sécurité est complexe. Elle nécessite du temps et de la patience. Alors même que cela touche leur intégrité corporelle, certains ouvriers se montrent réticents à appliquer les directives. La sécurité ne peut jamais être sujette à compromis. Il ne faut pas oublier que chaque mesure, aussi astreignante soit-elle, contribue à éviter des accidents et à préserver des vies.